Décryptage des labels RSE :

Pour s’y retrouver, en tant que consommateur… et en tant qu’entreprise !

Seul·e·s ⅓ des Français·es font confiance aux marques pour communiquer de manière transparente. Et nous sommes ¾ de Français·es à penser qu’une marque responsable doit être certifiée par un label. 

D’accord, mais quel label sait vraiment nous convaincre ? D’où sortent ces certifications que l’on voit fleurir de partout – de préférence en vert et avec le picto d’une petite planète rebondie ? Comment différencier le vrai label du greenwashing ? 

Dans cet article, nous vous taillons un chemin dans la jungle des labels, pour que vous puissiez y voir clair. A la fois en passant en revue le positif et le négatif des principaux labels, mais aussi en vous expliquant les choix de Gobi et les implications d’une labellisation pour une entreprise, petite ou grande. 

A travers les labels, ce sont les pratiques de toute une société qui se transforment ! Suivez le guide.

1. L’origine des labels

Tout commence avec l’apparition de la notion de “développement durable”, théorisé en 1987 par Gro Harlem Brundtland, alors Première Ministre norvégienne. Aujourd’hui dans toutes les bouches, il fallait pourtant l’inventer. C’est le programme des Nations Unies de 1997 qui croise les considérations sociales, environnementales et économiques pour créer un référentiel global qui comporte tous les chapitres de la RSE, la Global Reporting Initiative (GRI de son petit acronyme). Droits de l’homme, protection du consommateur, gouvernance… tous les sujets sont abordés.

Gro Harlem Brundtland, Première Ministre norvégienne, en 1987

La norme ISO 26000 du développement durable voit le jour. Elle attribue des critères d’évaluation à tous les différents aspects de la RSE. Seul hic : il n’y a pas de certification ! A chacun d’affirmer suivre le référentiel, mais pas moyen de le vérifier. Naît alors le besoin pour les entreprises de légitimer leur engagement RSE…

2. Les options pour valider sa démarche RSE

En fait, le label est une option parmi d’autres. Voici un bref aperçu de l’arsenal à disposition des entreprises :

  • Créer sa propre marque. Comme “Act for Good” de Carrefour ou le “Go for Good” des Galeries Lafayette. Il s’agit en quelque sorte d’un label auto–proclamé. Ce qui ne veut pas forcément dire que c’est du vent, attention. Simplement, il n’y a pas de certificateur externe et le risque des petits arrangements est plus élevé. 
  • Obtenir un label RSE. Il en existe plusieurs, on en parle juste après ! Ce label garantit que l’entreprise respecte certains standards RSE selon un cahier des charges spécifique. Il est en principe décerné par des organismes certificateurs externes, publics ou privés.
  • Obtenir une (bonne) note. Ni un label, ni une marque, Ecovadis est une organisation qui a mis en place une plateforme pour répertorier les critères d’évaluation RSE et qui délivre une note aux entreprises qui auront soumis tous les documents demandés. C’est une notation documentaire, sans vérifications approfondies des preuves fournies. 
  • Se faire certifier par l’État. Pour les entreprises les plus engagées, il existe aussi deux façons de faire certifier son engagement RSE par l’État. Un agrément et un statut sont encadrés par la loi :
    1. L’agrément ESUS, pour entreprise solidaire d’utilité sociale, donne accès à des subventions spécifiques et à de l’épargne salariale.
    2. L’entreprise à mission consiste à déclarer sa raison d’être, en inscrivant dans ses statuts des objectifs sociaux et environnementaux précis. Un audit externe a lieu tous les 2 ans pour vérifier si les engagements sont tenus. 

Mais revenons à nos labels.

3. Quels types de labels existent ? Comment les évaluer ?

Des labels, il y en a à la pelle. Autant que de secteurs ou de thématiques ! Vous connaissez sûrement le label Great Place to Work, qui concerne la marque employeur, ou les labels AB (agriculture biologique) et Fairtrade, qui concernent des produits alimentaires. Ces labels sont sectoriels, liés à un domaine d’activité précis. 

Ici, on a décidé de s’intéresser de plus près aux labels généralistes. Mais avant de les passer à la loupe, on vous explique comment faire pour les évaluer. 

  • Regarder de très près la fiabilité du cahier des charges. Est-ce que la globalité de l’ISO 26000 est prise en compte ? Le niveau d’exigence est-il suffisant ? Est-ce qu’il est possible de compenser une performance pas top sur un critère par une surperformance dans un autre ? (La non-compensation des critères est importante !)
  • Vérifier que le label implique une démarche de progrès. Quels sont les objectifs imposés ? Le rythme de réévaluation ? Est-ce que l’amélioration continue est visée ? Un label ne doit jamais être un tampon valable à un instant t, mais la preuve d’un engagement sur le long terme !
  • Checker que le label s’adapte aux enjeux de l’entreprise en question. Même pour les labels généralistes, une adaptation à des contraintes spécifiques doit être prise en compte. Certaines industries lourdes, le secteur du voyage… les impacts de base ne seront pas les mêmes ! A ce titre, c’est toujours bien de vérifier si les parties prenantes de l’entreprise sont prises en compte, voire consultées pour l’obtention du label. 
  • Contrôler qu’il y a bien une instance de validation externe, donc un recours à un auditeur ou certificateur externe. Dès qu’il y a confusion entre juge et partie, tirer la sonnette d’alarme. 

A partir de ces critères d’évaluation, l’agence Hyssop experte en RSE, branding et communication (et partenaire de longue date de Gobi !) a regardé de plus près 5 labels généralistes. 

Cet article s’inspire d’ailleurs largement de leur travail, disponible en open source juste ici. Un énorme merci et un grand bravo pour leur investissement ! 

4. Zoom sur 5 labels généralistes

Pour des analyses plus poussées, et des informations sur la durée et les coûts, reportez-vous au rapport d’Hyssop que l’on vient de mentionner 🙂 Ici, un récap de l’essentiel.

LUCIE 26000

  • Créé en 2007, avec 350 entreprises labellisées à ce jour. 
  • Les plus : un référentiel solide qui colle aux chapitres de l’ISO 26000, un focus sur la progression, comprend un vrai accompagnement.
  • Les moins : correspond à des niveaux de RSE assez hétérogènes, un logo qui s’utilise dès que l’on entame la démarche, peu de notoriété en dehors du B2B.

Engagé RSE

  • Créé en 2007, porté par AFNOR Certification, 253 entreprises labellisées. 
  • Les plus : transparence sur la méthode, référentiel robuste, certificateur reconnu et envergure européenne.
  • Les moins : pas d’accompagnement et pas d’outils mis à disposition, manque de modernité dans l’image.

B Corp

  • Créé en 2006 aux US, existe en France depuis 2014. 4400 entreprises labellisées dans le monde, 170 en France. 
  • Les plus : intégration de la RSE dans les statuts de l’entreprise, transparence totale du questionnaire, calcul par points très gratifiant, notoriété B2C en forte croissance, grande communauté dynamique, prise en compte des business models positifs.
  • Les moins : complexité et longueur du processus, rareté des évaluations sur site et des preuves demandées.

Positive Workplace

  • Créé en 2020, 120 entreprises labellisées ou en cours de labellisation.
  • Les plus : 50% de la note est donnée par les parties prenantes, adapté aux petites structures, accessible, accès à une communauté. 
  • Les moins : jeunesse du label, pas de certificateur externe, peu d’accompagnement.

PME+

  • Créé en 2014, ​​porté par la fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF), 194 entreprises labellisées.
  • Les plus : certifié par Ecocert Environnement, forte surveillance et évaluation annuelle obligatoire, notoriété auprès des consommateurs.
  • Les moins : cahier des charges parfois pas assez exigeant, pas d’adaptation au secteur ou de consultation des parties prenantes.

5. Le choix de Gobi : Origine France Garantie, agrément ESUS et entreprise à mission

De notre côté chez Gobi, nous avons fait le choix d’un triple engagement : 

  • Origine France Garantie : c’est un label sectoriel, qui certifie le fait de fabriquer exclusivement en France. Le Made in France est l’un des piliers fondateurs de Gobi, le faire valider par un certificateur externe était logique. Zéro avion, zéro longs trajets et entre 10 et 20% de gaz à effet de serre évités par rapport à des produits fabriqués à l’autre bout du monde. Chez Gobi, on transmet toujours les certificats de fabrication française de nos usines.
Logo Origine France Garantie
  • Agrément ESUS : cf. ci-dessus. L’État valide notre engagement social et solidaire. Gobi confie notamment la dernière étape de production à des personnes en situation de handicap ou d’exclusion pour favoriser leur insertion sociale et professionnelle.
  • Entreprise à mission : cf. ci-dessus. En cours ! Notre raison d’être et nos objectifs sociaux et environnementaux seront écrits noir sur blanc dans les statuts de notre entreprise, dans les registres de la République française. Introduite par la loi PACTE, cette qualité reflète vraiment notre état d’esprit chez Gobi, et notre volonté d’embarquer un maximum de gens, à commencer par nos propres équipes 🙂 

6. Et côté entreprise, ça change quoi ?

L’obtention d’un label est une décision stratégique qui implique un investissement conséquent, en temps, en argent, en énergie, en ressources… Compliqué de le faire par-dessus la jambe. Il faut donc évaluer si l’obtention de tel label plutôt qu’un autre est prioritaire pour le développement de l’entreprise ou non. 

Un label offre ensuite un cadre méthodologique précieux. Etant donné que les sujets de RSE sont complexes et que l’on ne sait souvent pas par où commencer, le fait d’avoir un chemin à suivre, jalonné par étape, est particulièrement appréciable. 

S’engager dans l’obtention d’un label, c’est un peu comme s’abonner à vie à la salle de sport et vraiment y aller tous les jours : le processus d’obtention enclenche un processus de transformation sur le temps long, dont les bénéfices ne sont pas uniquement commerciaux. On est loin d’une simple étiquette collée !

Dans l’entreprise, la démarche de certification nécessite l’implication des équipes. Faire preuve de pédagogie, ne cesser d’expliquer  et d’expliquer encore pour embarquer tout le monde est un réflexe à adopter. S’il est illusoire de se dire que tout le monde participera à tout, chacun pourra s’investir selon ses sensibilités d’employé, et de personne tout court. 

Enfin, à chaque label son écosystème. Faire partie d’une communauté permet d’échanger sur les bonnes pratiques à adopter, et ça n’a pas de prix ! Chez Gobi, le label Origine France Garantie nous a valu la participation aux assises du Made in France et au salon du Made in France. Ensemble, on est plus forts.

La belle vie grâce aux labels

Pour résumer, un label permet de reconnaître et de faire connaître un engagement fiable. C’est gagnant-gagnant, pour les entreprises et pour les consommateurs. 

Bon à garder en tête : les labels ne sont pas réservés aux grandes entreprises. Il en existe à la hauteur de chaque organisation ! Alors ouvrez l’œil 🙂

Pour aller plus loin : on ne peut que vous conseiller le guide de l’Ademe sur les labels. Il est classé par catégories et récapitule très bien les tenants et aboutissants de chaque certification.

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